La fille de Kirsten est devenue un fils : Mais je ne dois pas

Kirsten Visser (45 ans) est la mĂšre de deux fils. Son aĂźnĂ© est venu au monde il y a 19 ans en tant que fille. Elle est devenue un il. Pour elle, il vaut mieux avaler, mais pleurer pour sa fille ? Elle n‘avait pas le droit de le faire.

« Emma avait 3 ans quand elle a demandĂ© une queue. Je croyais que c’Ă©tait une phase, et je n‘ai pas su grand-chose. Pas mĂȘme quand elle prĂ©fĂšre porter des vĂȘtements de garçon et avait une coupe mohawk. Elle Ă©tait comme ça.

D’ autres avaient leurs prĂ©jugĂ©s prĂȘts. Je lui donnais trop d‘espace, et quelqu’un de la Biblebelt Ă©tait ravi de proclamer que les transenfants devraient ĂȘtre brĂ»lĂ©s sur le bĂ»cher. Terrible ! Je viens de voir Emma. Ce n‘est que lorsque la caissiĂšre lui a parlĂ© avec « jeune » et que j’ai vu mon enfant briller doreille Ă  oreille que le quartier est tombé : oh, c’est ainsi que le monde voit mon enfant. Et plus important encore, c‘est comme ça qu’elle veut — ou pas lui — d‘ĂȘtre vue.

Sietse

En tant que famille, nous sommes entrĂ©s dans la transition ensemble : un processus trĂšs beau, mais aussi difficile. À 16 ans, Emma est officiellement devenu un homme et a reçu le nom de Sietse. C’est le nom que nous avons trouvĂ© en famille. Pourtant, j‘ai ressenti le chagrin d’avoir lĂącher Emma. J‘ai pleurĂ© ma fille. D’autres trouvaient cela incomprĂ©hensible : mon enfant n‘Ă©tait pas mort, n’est-ce pas ?

Heureusement pas, mais ne puis-je pas ĂȘtre triste ? Ne puis-je pas pleurer les espoirs et les souhaits que j‘avais pour ma fille qui ne se rĂ©aliseront jamais ? Beaucoup de gens pensent que je n’accepte pas mon enfant, mais c‘est de la merde. Je n’Ă©changerais jamais Sietse contre Emma : Je suis heureux quand mon enfant l‘est.

Mais ces sentiments — peu importe Ă  quel point ils semblent contradictoires pour le monde extĂ©rieur — peuvent coexister parfaitement. Sietse choisit Emma comme deuxiĂšme prĂ©nom. C’est ce que le monde reprĂ©sente pour moi. Et maintenant, Ă  mon tour, en tant que confĂ©rencier, japprends au monde entier la diversitĂ© des genres, parce qu’il faut plus de comprĂ©hension ! »

Cette piĂšce est dans le nouveau WOMAN Magazine (tous les samedis chez De Telegraaf).