Douvres craint les embouteillages et le chaos de la paperasse aprĂšs le Brexit

Il

reste 35 jours. C‘est tout ce qu’il est. Ensuite, le Royaume-Uni quittera le marchĂ© intĂ©rieur europĂ©en. Et bien que cela signifiera un Ă©norme changement, on ignore encore Ă  quoi ressemblera l‘avenir. Les nĂ©gociations ont Ă©tĂ© extrĂȘmement difficiles depuis des semaines et peu importe combien de fois un dĂ©lai a Ă©tĂ© fixĂ©, personne ne s’en soucie.

Le Guardian a Ă©crit aujourd‘hui que le nĂ©gociateur en chef Michel Barnier menace de sortir les nĂ©gociations si les Britanniques ne manifestent pas une volontĂ© de compromis ce week-end. Demain, Barnier se rendra Ă  Londres pour des entretiens avec son homologue britannique : une rĂ©union Ă  haute tension.

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oĂč ils craignent pour l’avenir se trouve Ă  Douvres. Dans la ville portuaire britannique, quatre millions de camions passent chaque annĂ©e vers et en provenance du continent. Quoi qu‘il arrive, beaucoup de choses vont changer ici. Parce que, mĂȘme dans le cas d’un accord, il y aura des contrĂŽles sur tout ce que Douvres a besoin pour entrer dans l‘Union europĂ©enne.

Dans ces nĂ©gociations, le gouvernement britannique ne cherche qu’un accord limitĂ© pour garantir que linfluence de l’UE aprĂšs le Brexit soit rĂ©duite au minimum. Cela signifie que mĂȘme avec un accord, la situation des importateurs et des exportateurs sera beaucoup plus compliquĂ©e.

Mais le problĂšme est : les entreprises de transport ne savent toujours pas Ă  quoi se prĂ©parer. « Nous ne sommes pas prĂȘts pour le 1er janvier de toute façon », explique Rod McKenzie, directeur du dĂŽme des compagnies de transport britanniques. « Il s‘agit avant tout de limiter le prĂ©judice causĂ© par une mauvaise situation. Nous sommes confrontĂ©s Ă  beaucoup trop de paperasseries, dont on ne sait pas exactement ce dont nous avons besoin. Cette paperasse est liĂ©e Ă  des systĂšmes informatiques que nous ne savons mĂȘme pas s’ils fonctionnent encore. C‘est un cocktail pour le dĂ©sastre. »

Comme le gouvernement n’a fait de sĂ©rieux prĂ©paratifs qu‘au cours des six derniers mois, tout arrivera Ă  la derniĂšre minute.

Huit kilomĂštres de trafic

De plus, le port de l’autre cĂŽtĂ© de la rue, Ă  Calais, a fait un test cette semaine avec un nouveau logiciel pour vĂ©rifier tous les camions arrivant de Douvres aprĂšs le 1er janvier.

En outre, les douaniers de la ville portuaire française ont pris en moyenne 70 secondes en camion pour vĂ©rifier le passeport de quelqu‘un et voir Ă  quoi le chargement du camion Ă©tait destinĂ©. Et cela a dĂ©jĂ  conduit Ă  un embouteillage de huit kilomĂštres de camions Ă  Douvres, alors que les contrĂŽles seront bientĂŽt encore plus Ă©tendus. Surtout dans le cas de l’absence d‘accord.

Grand parking

Afin d’Ă©viter ces longs embouteillages, le gouvernement britannique est en mĂȘme temps occupĂ© Ă  construire d‘Ă©normes places de stationnement le long de l’autoroute dans la rĂ©gion de Douvres. En plus du village de Mersham, ils construisent une zone de bĂ©ton sept jours par semaine qui doit accueillir au moins quinze cents camions.

« En juillet, il sagissait encore de terres agricoles avec des cultures », explique Sharon Swandale de la Village Alliance, un comitĂ© de quartier dĂ©diĂ© Ă  la prĂ©servation de l’environnement vert. Ce n‘est qu’aprĂšs l‘Ă©tĂ© que les premiers bulldozers et moulins Ă  ciment sont entrĂ©s dans le village.

« Le comtĂ© de Kent est le jardin de l’Angleterre. C‘est incroyablement vert ici, souvent aussi loin que vous pouvez le voir. GrĂące au Brexit, de plus en plus se construisent. Nous pensons qu’il s‘agit d’une trĂšs mauvaise Ă©volution », explique Swanale.

En outre, ce sera une course contre la montre pour obtenir le parking Ă  l‘heure. « Le Brexit essaie constamment de courir avant de pouvoir marcher. Je ne suis donc pas surpris que cela se produise au tout dernier moment. »

Un

peu plus d’un mois, alors la nouvelle relation est un fait. Que les Britanniques soient prĂȘts ou non.